lundi 9 juillet 2012

Arrivée en Russie

Le roulis a ralenti, la banlieue pointé son nez. Immeubles en barres condensés...Un train moldave à quai, quelques paroles insistantes du préposé aux bagags. Je répète que je ne comprends pas...mais, mais... voici venu le temps d'un autre langage. Sortir de la gare et emprunter de grandes artères, jongler entre trottoirs et foules pressées..
Sur le chemin bribes, bribes....

Le pas assuré, rouge à lèvre soutenu, marchant d'allure vive, elle se repoudre le décolleté
Au loin claironnent Starky et hutch sans doute affolés
De funambules peintres chatouillent aisselles et narines de muses en platres décaties
Il marche sous sa blouse grise synthétique, deux gros sacs poubelles assortis en bout de poignet
Elle pose, sourit devant un étalon tout doré et...dans son bronze figé.
Le long du fleuve sur une avancée, moulée dans sa marinièreet son jogging usé, ellerotationne ses hanches généreusement.
Sous sa berline, en épi garé, il bricosomnole, impassible au traffic qui l'avoisine.

Un dôme d'or sous nos yeux apparait, quelques bulbes verts à notre chevet...





Saint-Pétersbourg, première traversée !

Tallinn, une ville où nous sentions comme à la maison

samedi 7 juillet 2012

Without you !

Day after day, riding our bicycles along pathes, through villages or cities, we discovered wonderful landscapes and amazing countries. But we guess that our trip would never have been as "sweet" as it has been without all of you. Entering so many different universes and nests, sharing pieces of your lifes.
So even if it took us some time, we are glad to write now how thankful we are, regarding all the sparkles of light, you brought on our way. Like a quilt woven from so tiny patches, you re now parts of this great adventure that we initiated some months ago and we feel so happy about it. Thanks a lot !
Henri, Isabelle, Jacob, Anna, Claire and Bartimée

Edwin, the cycling baker, Jan, Veerle, Amber, Yolente and Silas, Willem, Margriet, Brigitte et Michel, Danielle et Lodewijk, Katja, Robin et Cristel, Janny, Neeltje et Ted, Marten, Elise and Nijs, Marcel, Vera, Bodil and Hans, Tina and Morten, Anne-Sophie, Marten, Ingeborg and Johannes, the mysterious Lila, Flora, Alan et Eric, Katja et Bjaerkke, Vera and Aima, Steen et Elle, Signe and the brothers moving, Henriette and Fynn, Nia, Beatriz,  Elise, Denise, Gabriel, Natanael, the ice angel, Uli, Mischi and Benno, Lena, Isar and the french sailor,  Matilda, Jonatan, Mikaela and Molly, Bjorn and Tove, Gerd, Thibaut and Mia, Elsa, Victor et Baptiste, Rob and sa majesté Severine, Olof, Simo, Ingeri and Maria, Viola, Turo, Bahra, Katja, Kati and Francis, Marjatta and Tannus, Ischia and Rose, Jannicka, Kaur, Eva-Christine and Jane-Cathlyn, Arvis, Piret, Sara and Ereli, Kristi, Pascal et Daniel, Reena, Vova, Natasha, Luda, Tolik and all of you that we have unfortunatelynot been able to meet, Gijs von Veurne, Annamari, the Dentis,Mickael, Jerlene 's family, Liliya and Siarhei... and we may forget...

jeudi 5 juillet 2012

Inventorusse

Quelques datchas ayant connu de meilleurs jours
Quelques bicoques au bois délavé
Des charpentes dénudées
Quelques tas de tôle
Trois barres de batisses aux briques grises méticuleusement jointées
Un couple de rails
Un homme assis lisant le journal
Deux bavards face à une barquette vide
dDes lignes de pins plutôt glabres
De jolis cumulus bien fournis.
Un homme au teint rubidond
Une dame à poitrine opulente jaillissante d'une robe sans bretelles
Une brochure publicitaire pour de belles iles siberiennes aux églises bulbeuses
Un train qui croise le notre
Une chaleur grandisssante au travers de la vitre
Un cahotement à vous coller une nausée d'enfer
Une vieille odeur de formica
Un lacet de goudron à ma gauche, peu de voitures
Une préposée ferroviaire petite, trapue et souriante
Une flopée de citernes rouillées
Un terrible mur de béton
Des silos de ciment
Une carrière et une enfilade de containers colorés
Des friches et tours habitées un peu piteuses
Terrains vagues, gare approche, estomac décroche


Chaud et mal au coeur
Clavier, je délaisse...

Ivangorod et compagnie




Les troncs de bois s'accumulent le long de la voie, de la forêt encore et encore. Roulis des wagonnets, sifflets, grincements métalliques, nos corps un peu assoupis d'une nuit fort raccourcie cahotent sur la moleskine. Je suis des yeux les lignes électriques, ce sillon qui nous mène vers cet autre voyage que nous augurons aujourd'hui. Un peu moins de temps dans les jours à venir, perchés sur nos bicyclettes ; elles nous suivront, impassibles cependant et se targueront peut-être tout de même de quelques citadines déambulations le long des avenues de Saint-Pétersbourg et de Moscou.
Ivangorod, première escale russe, montée d'une horde costumée, contrôle, papiers et chiens renifleurs(pas même effrayés du parfum redoutable de nos souliers aux kilomètres échaudés), et Bartimée imperturbable les fesses en l'air sur son fauteuil endormi
Nous voilà admis sur ce territoire si vaste, soulagés et impatients d'aborder la vieille et pimpante Leningrad au coeur de l'après-midi. Chacun bricole sur son cahier, taquinant de la plume ou de la gorge quelque hiéroglyphe cyrillique.
J'écris dans ce train qui nous tire, réalisant à peine ce qui pour moi se voulait, il y a peu encore, gorgé d'irréalité.
Nous sommes, oui, bel et bien en Russie, le ciel est bleu, les paysages défilent, quelconques, anodins et pourtant déjà pointe l'excitation d'une aventure nouvelle.

mardi 3 juillet 2012

Un tout petit pays

Batifolent en bord de route coquelicots et herbes folles, marguerites et lupins bleus. Vient le temps de la fenaison chatouillant nos narines de douces senteurs bucoliques. L'été poindrait-il enfin son nez ?
La fauche a commencé, le soleil dore à l'occasion nos visages encore pâles, réchauffe nos mollets parfois agités encore au petit matin de chair de poule. Nous longeons forêts et prairies, apercevons la mer parfois tapie sous les bois. Un petit plaisir succulent que de ramasser de minuscules fraises sauvages le long de la plage. Les sous-bois abritent souvent nos pauses nocturnes. Il y a quelques jours cependant, cherchant champ en intérieur de terre et ne rencontrant que marécages et moustiques fort zélés, il nous vint à l'esprit de  demander refuge dans un jardin quelque peu dompté. Discutant avec les propriètaires en soirée, nous apprimes que les bois alentours hébergeaient temporairement quelques hordes de loups, quelques paires d'ours ou lynx de passage. Je vous laisse imaginer au petit matin le grand soulagement des moussaillons ravis d'avoir dormi bien loin de ces bêtes assez insolites !

La simplicité estonne nous séduit. Aucun paysage féérique, rien que de petits cordeaux d'asphalte ou de sable dammé sillonnant des décors ordinaires, le silence, les balbutiements de l'été, les "summer cottages" disséminés de ci, de là, de petites villes balnéaires au délieux charme désuet : maisons de bois nature ou aux peintures écaillées. Nous avons peine à imaginer ce que put être ici la vie, il y a vingt ans de cela même si quelques bouts de port, quelques reliques d' austères batisses aux vitres brisées rappellent que bucolisme ne fut point toujours de saison. Les maisonnettes dispersées émergent à peine des forêts. Point de village, ni de clochers à proprement parler dans les campagnes : une échoppe de temps en temps, à peine reconnaissable au milieu d'un nulle part.

Sur la côte ouest, deux jours nous sommes reposés, savourant dans la grisaille le charme ilien de Vormsi, ses vents et ses étranges croix rondes, puis la langueur délicieuse d'une vieille station thermale, reclus dans une vieille maison, successivement demeure d'écrivain puis objet de réquisition des troupes soviétiques : étrange mélange d'époques en un seul et même lieu.

Cet après-midi, nous rejoindrons Tallinn la magnifique, une balte escale qui n'est pas sans nous rappeler quelques jolies cités tchèques.
Et si l'humeur du chef de quai est au beau fixe, aurons peut-être la chance d'embarquer jeudi à l'aube, nos montures d'acier à bord d'un train qui devrait nous conduire vers cette immense russe contrée.

lundi 2 juillet 2012